A méditer… Article «Etre à la table du paysage», Les carnets du paysage n°25 NOURRITURES, Sébastien Argant et Eugénie Denarnaud

13122882_1047347832016507_4333022595599043468_o« Avant cette récente habitude de se pencher dans les rayons de supermarchés, lieu de cueillette contemporaine sur une terre carrelée quotidiennement lessivée, qui n’a pas goûté le plaisir de cueillir une framboise dans un jardin tranquille ? Offerte là, au grand air, elle n’a pas de prix, goûteuse et encore chaude des derniers rayons d’août. Qui a déjà cueilli une fraise des bois, concentré puissant de bonheur d’une infime terre sablonneuse, toute petite et fraîche de rosée, à l’abri d’une fougère dans un chemin creux forestier ? Et la girolle, summum de l’apaisement, de l’humus comblé, régal des bois d’automne ? Tant qu’à faire le tour des saisons du paradis terrestre : le pissenlit de taupinière lorraine peut faire frémir un pan de l’humanité de sa succulente feuille blanchie par l’oeuvre d’une taupe. On n’y trouve juste la pointe d’amertume qu’il faut dans le verrt du dernier centimètre qui a vu le soleil hors de terre, tandis que le reste de ses feuilles filiformes enfouies sont tendres et crémeuse. On ne remerciera jamais assez la taupe de cet effort, précédant les oeufs mollets et les lardons : ingrédients arrivés pour une des meilleures salades du printemps. Je vous passe la morille des remblais et coteaux calcaires, à se damner, où la mûre des îles Chausey et en fin d’été, en confiture, à tomber à la renverse. La mûre est également bien vivante à terre et pas moins bonne. Une dernière, à cueillir délicatement le bol à la main : la ronce des rochers. Équivalent d’une double perle de culture d’un rouge groseille, glissée dans une salade de fruits, elle crée l’événement jusqu’à alerter les cuisines pour avoir des explications sur ce scandale de goût. »

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